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CHAPITRE-X1X UNE RÉVÉLATION - - France voulez -vous allez répondre à la porte, on a sonné? Mme Defroy est à la cuisine à préparer ses tourtières pour le réveillon de Noël. Elle se trouve chanceuse d'être en vacance pour une semaine. Les autres vendeuses du magasin à rayons où elle travaille n'obtiennent pas de congé en cette période occupée qu'est le temps des fêtes. Ses patrons lui ont accordé une faveur pour la récompenser de son efficacité exceptionnelle au travail. Plusieurs commerçants se sont regroupés sur le Boulevard Laurentien, dans l'Abord-à-Plouffe, pour en faire, dit-on, un "Centre d'Achat". Le magasin Morgan du Centre Ville est un de ces marchands. C’est tout nouveau ce genre de regroupement. Très heureuse de leur initiative, Jeanne, qui travaillait au Centre Ville, a demandé et obtenu un transfert dans ce nouveau "Centre d’Achat" situé tout près de chez elle. À cinquante-deux ans, elle a encore les cheveux brun foncé. Petite de taille, cela ne l'empêche aucunement d'être très active. Comme France, c'est une personne pieuse et réservée, et même si elle vouvoie la petite, elle se sent très proche de l'amie de son fils. Elle lui donne des conseils sur les soins de beauté. Par exemple, elle lui recommande de mettre de la crème "Jergens" sur ses mains à tous les soirs, afin de bien les préserver de la gerçure. France aime bien jaser avec Mme Defroy avant de s'endormir. -Je vais répondre madame Defroy. France écoute des disques sur le petit "pick up" au salon tout en lisant les comiques de "La Patrie". Au moins ici on ne court pas pour être les premiers à les lire "les comics" comme c'est le cas chez elle à chaque samedi. Elle est venue coucher hier soir chez madame Defroy, Marc partait pour faire du ski, ce matin à St-Sauveur. En se levant du fauteuil, France tire sur sa jupe de lainage marine et replace son "twin set", son chandail bleu pâle s'est un peu sali au contact du journal, elle ramène son cardigan vers l'avant camouflant ainsi la tache et, pudiquement, la rondeur de ses seins. -Ho c'est toi ! ... déjà !... France vient d'ouvrir la porte. -Allô France ! Je m'ennuyais de toi, alors me voilà. Un peu menteur Marc n'ose pas lui avouer que la journée était trop froide pour skier jusqu'à la fin de l'après-midi, et qu'il a décidé de revenir à Montréal. Comme tous ses amis sont revenus à la ville pour se préparer à fêter Noël. -Je suis contente de te voir, je ne t'attendais pas à cette heure. Comme elle le trouve magnifique ! Il monte l'escalier en tenant d'une main ses ski et de l'autre ses bâtons. Il a le visage rougi par le froid et le sourire épanoui. Elle l'attend avec une impatience fébrile. Arrivant près d'elle, Marc l'embrasse furtivement. Sa mère vient d'apparaître au même instant. Ravie de le voir plutôt que prévu, Jeanne essuie ses mains pleines de farine sur son grand tablier blanc et, de ses bras entoure son fils dans une caresse maternelle. Elle lui dit: -Mon grand, tu n'es pas trop fatigué ? Tu as passé une belle fin de semaine ? Il n'est rien arrivé de malheureux, j'espère. Elle lui pose des questions, inquiète de le voir arriver si tôt. Elle aime beaucoup son garçon, c'est le seul homme de sa vie, elle est veuve. Marc a déjà raconté à France qu'il n'a jamais connu son père décédé lorsqu'il était bébé. Comme il lui semble en bonne santé, cela rassure madame Defroy sur les motifs du changement d'horaire de son fils, elle lui donne un baiser sur la joue. -Marc, je suis à faire de la popote, je te laisse avec France et vous prépare un bon souper. Elle s'efface, elle veut tellement que son fils et France continuent leur fréquentation. Elle encourage leur rapprochement et leur laisse toute la place possible chez elle. -Ok m'man, c'est une bonne idée car, tu sais, j'ai une faim de loup après cet avant-midi de ski au grand froid. Durant ce temps, France et moi on a des choses à se dire. Jeanne tourne les talons, heureuse pour Marc qui semble aimer cette petite qui attend patiemment qu'elle lui cède sa place. France apprécie sa décision, leur faire à souper, ainsi elle sera seule avec son Marc ! Il vient de dire qu'ils ont des choses à se dire. -Viens avec moi dans ma chambre, lui dit-il, j'ai quelque chose à te montrer. Mme Defroy est déjà rendue à la cuisine, et ne semble pas se soucier de chaperonner les amoureux. Sauf, à l'heure du coucher où elle s'empresse d'inviter France à venir dormir avec elle. Une fois dans sa chambre, Marc enlève ses bottines de ski en cuir "Raymond Lanctot", son gros chandail de laine rouge tricoté par sa mère, et se retrouve en petite camisole sans manche. France regarde ses bras musclés... ha ! Comme il serait bon de s'y blottir et se sentir protéger par ceux-ci. Marc s'aperçoit que France le regarde; il s'approche, l'entoure de ses bras et lui dit : -France assis-toi sur mon lit, le temps que je te montre mon nouvel achat. France s'attendait à d'autres gestes de sa part, un peu déçue, elle s'installe comme il lui a demandé et le voit se diriger vers la garde-robe. Il en revient portant une longue boîte de carton. -Je me suis fait un cadeau, une belle carabine 303 ! Il raffole des armes et c'est une nouvelle pièce à sa collection qu'il est fier d'exhiber. Il s'assoit près d'elle avec le fusil en main et lui montre tous les recoins de sa nouvelle acquisition pour la chasse. Pour lui plaire, France lui exprime son admiration devant son achat, mais ne connaissant rien à la chasse et encore moins aux armes, elle a hâte que l'on parle d'autres choses. -Marc, tu viens toujours demain soir chez moi ? Maman nous attend pour le réveillon. Alex y sera avec Tamy. Marc se lève pour replacer la carabine dans sa boîte, il lui répond vaguement : -Oui je pense, mais avant, tu viendras à la messe de minuit avec moi et ma mère dans notre paroisse ? -Oui, tu m'en as parlé et tu m'as dit qu'il faudrait se rendre à l'église un bon vingt minutes avant la messe si l'on veut avoir de la place. Tout en l'écoutant parler, Marc enfile sa nouvelle chemise de chasse rouge. Il finit de se boutonner debout devant France. Il aime lorsqu'elle porte ce doux chandail moulant d'angora bleu, qui laisse deviner ses formes sensuelles. Cela provoque chez lui un désir de rapprochement sexuel. Il oublie la chasse. -Nous quitterons la maison vers onze heures trente et je crois qu'il y aura de la place pour nous. Pour l'instant, viens au salon, on écoutera de la musique en attendant le souper. Il attire France par la main vers lui. France s'assoit sur le fauteuil, pendant que Marc se dirige vers le pick up. Il baisse le volume au moment ou l'on entend "Memories are made of this", leur pièce favorite ! Le son est doux. Il n'allume pas la lampe, il ne fait pas encore nuit, la brunante vient à peine de s'installer. Les lumière du sapin de Noël donnent un éclairage compatible à l'atmosphère romantique qu'il veut créer. Elle le voit s'avancer, souriant, lui tendant les bras, elle se lève et s'approche de lui pour danser un "slow". Leurs corps bougent langoureusement au rythme de la musique. Marc rapproche la tête de France contre son épaule et doucement caresse son cou, ses oreilles... Elle ne sent plus ses mains elle ne ressent que sa douceur sur ses cheveux, ses épaules. Elle n'a aucune envie de repousser ses gestes chauds d'amour. Ils dansent collés se mouvant à peine, la pièce peut durer jusqu'à demain, France restera au même endroit, elle se sent bien, elle est heureuse. La musique s'arrête, Marc la pousse légèrement et elle tombe assise sur le fauteuil. Installé sur le bras du siège, il se penche, et prend sa tête entre ses mains, et presse sa bouche contre la sienne, il entrouvre les lèvres, elle fait de même, sa langue contre la sienne s'enlace, se tortille doucement. France jouit de ce moment d'amour. Ils quittent leur étreinte et retournent se mouvoir au pas d'un "slow", puis reviennent sur le fauteuil pour se confondre dans un long baiser. Leur désir est brûlant, leurs mains caressantes et chaudes. Seul leur soupir et la musique du "pick up" sont perceptibles. France craint de voir apparaître madame Defroy toujours à sa cuisine, et elle repousse gentiment Marc. -C'est assez, attention, ta mère peut venir. Gardons-en pour Noël. Frustré, il s'éloigne et il veut lui faire peur : -Oui... peut être que tu as raison; maman pourrait venir. Tu sais ce n'est pas certain, si nous serons ensemble demain. -Ne sois pas méchant, tu le sais bien, tu viendras. Tu ne vas pas me laisser seule la veille de Noël ? Un peu refroidi dans son ardeur, il s'adoucit et acquiesce à sa demande. -Oui oui, c'est vrai, demain on fêtera ensemble. Madame Defroy entend leurs voix, elle crie : -Est-ce que vous commencez à avoir faim les amoureux ? Marc sourit d'entendre ce sobriquet, et répond d’un ton moqueur : -Oui maman on a faim, tu sais les amoureux ne vivent pas que d'amour et d'eau fraîche. -Bon alors, c'est prêt, venez manger. France regrette d'avoir repoussé son ami, cela lui a demandé de gros efforts, mais elle sait que cela est nécessaire. Elle est responsable des mauvaises pensées qu'elle lui inspire. On le lui répète souvent: "Le garçon c'est dans sa nature de demander, la fille doit toujours décider ce qui est permis; et si elle ne se respecte pas, c'est de sa faute à elle si le garçon commet des péchés." C'est ce que lui répète sans cesse sa mère. L'heure du souper est agréable, madame Defroy est très aimable avec la petite Paquin qu'elle voit comme une future belle fille qui lui plaît. C’est tout le contraire de sa mère. Hélène trouve que Marc accapare sa fille un peu trop souvent. À chaque fin de semaine où France quitte pour aller chez madame Defroy, elle lui dit : -Pas encore, France, je me sens très seule lorsque tu pars si longtemps. Elle espère ainsi éloigner ce garçon si peu enclin à parler de sa famille qu'elle cherche à connaître depuis quelques temps. La porte d'entrée se referme, les pas se dirigent vers l'escalier. Hélène laisse de côté le raccommodage des chaussettes de Xavier, et élève la voix. -Carole voudrais-tu venir mettre la table et surveiller mon pâté chinois qui est au four. Je monte parler à ta soeur qui vient d'arriver, j'en ai que pour quelques minutes. Carole fait la moue, mettre la table ne lui dit rien, elle est si bien installée en train de lire. Passant près du miroir du poêle, elle se regarde pour voir si elle est bien coiffée. Ses cheveux châtains sont toujours bien placés; elle a de beaux yeux bleus; sa taille est fine pour ses seize ans. Carole est jolie et très féminine. Elle aime l'étude et rêve de devenir "maîtresse d'école". Heureusement, depuis la naissance de Stéphanie, Hélène a repris des forces et elle n'a pas besoin de s'absenter trop souvent de l'école. Aura-t-elle la chance un jour d'aller à l'Ecole Normale et réaliser son rêve ? Carole sort les assiettes de l'armoire de la cuisine et les dispose sur la table, pendant que sa mère, d'un pas rapide, se dirige vers le haut de l'escalier. Hélène a rejoint France dans sa chambre et, toute essoufflée, elle se met à parler nerveusement. Elle s'est approchée de son aînée assise sur le rebord de son lit. Elle se prépare à enlever ses talons hauts pour reposer ses pieds. Sa journée de travail et le retour à la maison par le train, ont fatigué ses jambes. Elle n'a pas le goût d'écouter sa mère, mais celle-ci ne lui laisse pas le choix. Hélène semble sérieuse et préoccupée. France se doute qu'elle vient lui annoncer de mauvaises nouvelles. C'est sans aucune surprise qu'elle l'entend prononcer : -France j'ai quelque chose de très important à te dire. -Voilà, se dit la petite, je ne me suis pas trompé. Avec irritation, elle répond : -Qu'est-ce qu'il y a encore maman ? -Ne sois pas si impatiente, un jour tu comprendras, c'est pour ton bien France. Hier après la messe, je suis allée parler au curé de la paroisse. -Ha oui. Mais tu me racontes cela pourquoi ? -Attends voyons, laisse moi terminer parce que cela te concerne. Je suis allée lui parler de ton ami Marc Defroy. Quel drôle d'idée ! Parler de Marc au curé, qu'est-ce qu'il avait à dire à son sujet ? -Tout d'abord France avant de t'expliquer, dis-moi, est-ce que tu aimes Marc ? -Oui maman, je l'aime ! -Tu l'aimes assez pour songer à l'épouser un jour ? -Je pense que oui maman, bien sûr, s’il me le demande. France commence à s'inquiéter; que veut donc lui dire sa mère ? Elle lui pose toutes ces questions personnelles pourquoi ? Qu'a- t-elle appris sur Marc ? -Mais maman vas-tu enfin me dire ce qui se passe! Hélène met du temps avant de répondre. -France, tu ne pourras jamais avoir d'enfant avec lui ! -Qu'est-ce que tu racontes maman, pourquoi tu me dis cela. -Le curé m'a avertie que ce sera impossible de le marier. France commence à avoir peur... a-t-il une maladie contagieuse ? Est-il déjà marié ? -Voyons pourquoi ? Elle ne comprend rien de ce que sa mère lui dit. De quoi se mêle-t-elle ? Elle ne veut plus savoir, mais sa mère continue. -France, tu sais que je t'aime et que je ne veux que ton bien, ce que le curé m'a appris est inquiétant et s'il me l'a dit, c'est la vérité et tu dois le savoir. Je sais que Marc est un bon garçon mais ce que je ne savais pas... son père est chez les fous! Hélène fait un arrêt pour surveiller la réaction de sa fille et continue : -Et, ma fille est-ce que tu sais qu'avec une maladie psychiatrique ce serait dangereux pour ses enfants... Hélène continue de parler, mais déjà France ne l'écoute plus. Elle se dit que sa mère invente ces choses. Que ce n'est que des racontars de Dames de Ste-Anne. Convaincue qu'elle a raison, elle interrompt Hélène qui continue de lui expliquer pourquoi elle doit quitter Marc. France se fâche : -Maman ce n'est pas vrai ! Marc m'a dit que son père est mort lorsqu'il était petit. -Il t'a menti ma fille; il le sait mais te l'a caché. France debout maintenant, bouleversée d'entendre de pareilles sornettes, se met en colère. -Maman sors de ma chambre, laisse-moi ! Je ne te crois pas. Tu ne veux pas me perdre, tu veux me garder près de toi, et tu inventes des moyens pour que je laisse Marc. Hélène se met à pleurer et se lève à son tour. Elle prend son tablier comme mouchoir pour étouffer ses pleurs, elle redescend en vitesse au premier étage laissant France avec sa peine, son inquiétude et en plus, un sentiment de culpabilité d'avoir fait pleurer sa mère. France se laisse choir sur son lit. Marc lui aurait-il menti ? Voyons, ils n'ont aucune cachette entre eux, il lui fait confiance. Vraiment cela est impossible ! Elle se promet que ce soir elle lui en parlera et il éclaircira ce mystère. Elle veut oublier sa conversation avec sa mère, elle prend un livre et essaye d'en faire la lecture jusqu'à l'heure du souper où elle y retrouve Hélène les yeux rougis. Repentante, elle s'approche d'elle et lui dit : -Maman, ne t'inquiète pas pour moi, je vais le demander à Marc et l'on verra bien qui dit vrai et tout s'arrangera. Hélène ne répond pas mais sourit légèrement à sa fille. Elle croit le curé et espère que sa fille comprendra les risques qu'elle courrait en se mariant avec Marc. Ils sont tous les deux sur la galerie. France ne sait par où commencer; elle veut lui parler des révélations faites par sa mère. France est certaine que tout cela est faux, mais elle veut entendre Marc le lui confirmer pour effacer les doutes qui pourraient subsister dans sa tête. -Tu n'es pas comme à l'habitude France, qu'est-ce qui t'ennuie ? -Tu as raison, j'ai quelque chose de difficile à te demander et je ne voudrais pas te fâcher. Marc s'est penché vers France et attend la suite mais, comme elle hésite encore, il répète sa question : -Qu'est-ce qu'il y a France ? -Cela regarde ta famille. Marc à un soubresaut et s'éloigne de son amie, il lui demande lentement : -Que veux-tu savoir sur ma famille ? Tu connais déjà ma mère. Et je n'ai pas de frère ni de soeur. Elle se décide enfin à lui révéler ce qui l'inquiète. -C'est vrai, je connais ta mère, mais tu ne m'as jamais parlé de ton père, sauf pour me dire qu'il est mort. Tu ne m’en parle jamais. Pourquoi ? Tu l'as connu ? Comment est-il mort? Marc se lève et marche de long en large sur le trottoir, France le suit en silence. Il semble vouloir lui parler mais aucun mot ne veut sortir. Il se retourne et prend la main de France et l'entraîne vers l'arrière de la maison, là où ils seront à l'abri des roches qui parlent. France attend voyant qu'il cherche un moyen de dire. La pleine lune éclaire son visage crispé. Il s'appuie le dos à la maison et attire France près de lui. Soudain, il se penche et appuie sa tête sur son épaule et sanglote. France émue caresse son cou, compatissante; elle attend qu'il finisse de lui avouer ce qui semble être un lourd secret. Il balbutie difficilement quelques mots : -Je ne pouvais pas te le dire, je ne pouvais pas t'en parler. Depuis toujours cela me tracasse de fausser la vérité... mon père est vivant !J'avais peur de te l'avouer, il est placé dans un asile pour les fous. Il arrête de parler quelques minutes. Il retient son immense chagrin. -Cela m'a toujours rendu bien malheureux. J'aurais aimé avoir un père lorsque j'étais un petit garçon. Encore aujourd'hui, lorsque je vais le voir, il ne me reconnaît pas. Tout à coup, il relève la tête et regarde France dans les yeux en lui demandant : -Est-ce que tu m'aimeras quand même France ? Qu'est ce que cela peut changer pour France, elle l'aime. Devant son désespoir, elle lui pardonne de lui avoir caché la vérité. Il lui demande de l'aimer. S'il est vrai qu'il est dangereux d'avoir des enfants qui risquent d'hériter de la maladie de leur grand-père, ils en reparleront et prendront les bonnes décisions le moment venu. N'écoutant que son coeur elle lui répond: -Marc cela ne changera rien pour moi, je t'aime et, si ton père est malade, ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas si grave. Maintenant je le sais et rien ne sera changé entre nous. Marc prend France entre ses bras et l'embrasse. Ils demeurent longtemps ainsi enlacés. France connaît maintenant la vérité, sa mère aussi. -Je n'avouerai pas à maman qu'elle avait raison. Elle voudra que je le quitte, elle a tellement peur de la maladie. Pour une fois, elle est décidée. Elle sait ce qui sera bon pour elle. Rien ne la fera changer d'idée. Elle sera toujours avec Marc ! France ne se doute pas, mais il y a autre chose qui menace son bonheur, et pourrait un jour tout changer entre eux...
Déjà un an dimanche prochain qu'ils sortent ensemble. France espère que Marc soulignera de façon appropriée cette date mémorable. Il lui annonce qu'en fin de semaine, il y aura une fête pour les membres de son club de ski et, qu'à cette occasion, on remettra les trophées mérités lors des compétions de fin de saison. Marc est un bon compétiteur, il est reconnu dans le Nord comme un futur champion olympique. Seulement, il lui manque l'argent pour pratiquer son sport à l'année longue et, faute de pratique, il n'atteint pas le niveau des skieurs olympiques. France voit, à l'occasion, sa photo dans la Presse. Elle ne lui en parle pas, ce serait l'encourager à continuer et le voir partir plus souvent. Marc aimerait bien que France se rende compte de ses succès et de sa popularité dans le Nord. Pour cette raison, il insiste pour qu'elle l'accompagne cette fois au "Party de fin de saison" et, lui dit-il pour la convaincre, "nous fêterons notre premier anniversaire de fréquentation en même temps." France doit demander la permission à sa mère. Hélène croit qu'à dix-huit ans, sa fille est trop jeune pour aller dans les Laurentides s'amuser à une soirée où il y aura de la boisson, même si elle sait que Marc est un "bon garçon". (dont elle se méfie. France ne lui a jamais avoué la vérité à propos de son père). Pour ces raisons, elle ne veut pas qu'elle accompagne son ami à la soirée prévue...
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Cette page a été mise à jour le 14 Sept. 2002 |
